EXTRAIT DU COMMENTAIRE
Le sonnet que nous nous proposons d'étudier est tiré des Fleurs du Mal de Baudelaire écrit en 1857. Issu d'un milieu bourgeois, le poète réputé pour être un dandy vit sa vie marquée par la rencontre de trois femmes, Jeanne Duval, Marie D'Aubrun et Mme de Sabatier. Dans cette poésie, Baudelaire traite, autant par le biais de la forme que par le fond d'une rencontre entre un poète et une femme d'une beauté singulière. Dans un premier temps, nous étudierons les deux étapes du sonnet, la transposition du moi et du elle, du poète et de la femme, enfin nous analyserons l'allégorie présente dans « A une passante », et la fonction de l'apparition...
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
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