EXTRAIT DU COMMENTAIRE
P'OASIS est à l'origine le poème qui clôt le recueil intitulé L'Aumonyme écrit fin 1922 et courant 1923. Il est très riche en mots, lettres et notes de musique qui s'accouplent. L'auteur joue sur l'homonymie. Le titre est un amalgame de deux mots sur la base d'une homonymie partielle. P'OASIS peut être lu comme la conclusion de L'Aumonyme. Dans le but de répondre à la problématique du langage, nous nous demanderons comment cette poésie s'accorde à la réflexion sur la libération du langage ? Dans un premier temps, nous analyserons le dialogue poétique, puis nous verrons en quoi le débat philosophique domine.
Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.
Soeur Anne, ma sainte Anne, ne vois-tu rien venir... vers Sainte Anne ?
Je vois les pensées odorer les mots.
Nous sommes les mots arborescents qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux:
De nous naissent les pensées.
Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.
Les mots sont nos esclaves
Nous sommes
Nous sommes
Nous sommes les lettres arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.
Nous n'avons pas d'esclaves.
Soeur Anne, ma soeur Anne, que vois-tu venir vers Sainte-Anne ?
Je vois les Pan C
Je vois les crânes K C
Je vois les mains D C D
Je les M
Je vois les pensées B C et les femmes M E
et les poumons qui en ont A C de l'R L O,
poumons noyés des ponts N M I.
Mais la minute précédente est déjà trop A G.
Nous sommes les arborescences qui fleurissent sur les déserts des jardins cérébraux.
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