EXTRAIT DU COMMENTAIRE
Nous allons étudier une fable intitulée L'aigle et la renarde d'Esope, auteur du VIème siècle avant Jésus-Christ. Il est l'inventeur des fables, fabuliste grec donc précurseur de La Fontaine. Nous avons un court récit en prose à visée didactique qui a pour vocation de charmer et de faire réfléchir autant que de divertir en mettant en scène des animaux. Le corps du texte est l'histoire et la morale, l'âme de la fable. Dans un premier temps, nous étudierons la composition de l'apologue, puis en second lieu son sens et sa visée...
S'étant liés d'amitié, un aigle et une renarde avaient décidé de devenir voisins, afin que l'habitude resserre leurs liens. L'aigle s'éleva donc au sommet d'un grand arbre et y fit sa couvée ; la renarde se glissa dans le buisson au pied de l'arbre pour y mettre bas. Or un jour qu'elle était sortie en quête de pâture, l'aigle dans la disette fondit sur le buisson et ravit les renardeaux, dont il se régala avec ses aiglons. A son retour, la renarde comprit ce qui s'était produit, et s'affligea non pas tant de la mort de ses petits que de son incapacité à la venger : elle qui vivait sur terre ne pouvait en effet pour chasser un volatile. Aussi dut-elle rester à l'écart et s'en tenir au seul recours des impuissants et des faibles : maudire son ennemi. Cependant l'aigle ne tarda pas à subir le châtiment de son manque de foi. Un jour, à la campagne, au cours du sacrifice d'une chèvre, il emporta de l'autel un viscère encore en feu, qu'il ramena dans son aire. A peine l'avait-il déposé parmi les brindilles qu'un vent violent se leva et fit jaillir d'un vieux fétu une flamme brillante ; les aiglons furent consumés, car ils étaient encore trop jeunes pour voler, et tombèrent sur le sol. La renarde se précipita, et sous les yeux de l'aigle les dévora jusqu'au dernier.
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