EXTRAIT DU COMMENTAIRE
Nous allons étudier une poésie de Ronsard intitulée « Comme on voit sur la branche... », tirée de Sur la mort de Marie, en date de 1578. Nous savons que le poète a aimé une jeune paysanne de Bourgueil, Marie Dupin, morte jeune. Des années plus tard, le roi Henri III lui a demandé des poèmes sur la mort de sa propre maîtresse, Marie de Clèves. Nous sommes en mesure d'imaginer qu'il s'agit des deux « Marie ». La thématique essentielle est donc celle de la mort d'un être aimé évoquée ici sur le mode lyrique, nous nous éloignons du modèle du sonnet pétrarquiste. Nous étudierons la vie et la mort de la rose qui sont évoquées dans les deux quatrains, dans un second temps, nous analyserons la vie et la mort de la jeune femme, dans le premier tercet, et, en dernier lieu, nous nous concentrerons sur le deuxième tercet et l'offrande funèbre du poète...
Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose :
La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.
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