EXTRAIT DU COMMENTAIRE
Ce sonnet en décasyllabes est d'inspiration pétrarquiste du fait de sa rhétorique amoureuse, des figures de style et de la mise en scène du « je ». Ronsard s'adresse à Cassandre et se réfère à la fois au carpe diem, invitation à profiter du moment présent et au memento mori qui signifie mot à mot « souviens-toi de mourir », c'est-à-dire, n'oublie pas que tu mourras. Dans un premier temps, nous étudierons la composition et le modèle pétrarquiste du sonnet, puis en second lieu, le lyrisme du poète...
Douce beauté, meurtrière de ma vie,
En lieu d'un coeur tu portes un rocher.
Tu me fais vif languir et dessécher,
Passionné d'une amoureuse envie.
Le jeune sang qui d'aimer te convie,
N'a pu de toi la froideur arracher,
Farouche, fière, et qui n'as rien plus cher
Que de languir froide, et n'être point servie.
Apprends à vivre, ô fière en cruauté.
Ne garde point à Pluton ta beauté,
Quelque peu d'aise en aimant il faut prendre.
Il faut tromper doucement le trépas ;
Car aussi bien sous la terre là-bas
Sans rien sentir, le corps n'est plus que cendre.
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